Une étude récente démontre que la dyspraxie, ou trouble du développement de la coordination (DCD), ne se limite pas aux difficultés motrices chez l’enfant. Elle affecte aussi les capacités cognitives liées aux mathématiques à l’âge adulte — notamment la mémoire de travail et l’anxiété mathématique. medicalxpress.com+1
Les résultats marquants : une relation entre mémoire de travail et performance mathématique
Les chercheurs ont comparé des adultes avec DCD à un groupe témoin lors d’exercices de calcul mental rapide. Ils ont constaté que :
- Les personnes avec DCD effectuaient moins de tâches correctes que les autres. medicalxpress.com
- Leur performance était fortement corrélée à l’effort de la mémoire de travail : elles compensaient un manque d’automatisation par un effort cognitif accru. medicalxpress.com+1
- Ces sujets rapportaient un niveau plus élevé d’anxiété liée aux mathématiques, ce qui pénalisait encore leurs performances. ScienceDaily+1
Autrement dit, même des tâches arithmétiques simples, normalement automatisées, demandaient chez eux une charge cognitive plus importante.
Que révèle cette avancée pour le parcours des personnes dyspraxiques ?
Cette étude dépasse le cadre des tests moteurs : elle montre que la dyspraxie a un effet diffus sur les fonctions cognitives dans le temps.
La persistance de lacunes motrices dans l’enfance peut entraîner une dépendance accrue à la mémoire de travail pour compenser des tâches numériques simples.
Plus encore, l’anxiété mathématique joue un rôle aggravant : elle amplifie la difficulté perçue et peut bloquer la progression.
Ces constats incitent à reconsidérer l’accompagnement de la dyspraxie de façon globale, incluant non seulement le geste mais aussi les facultés cognitives et émotionnelles.
Implications pour l’accompagnement éducatif et thérapeutique
Adapter l’enseignement des mathématiques
Les enseignants devraient proposer des méthodes qui allègent la charge cognitive :
- fractionner les calculs en étapes simples
- permettre l’usage de supports visuels ou manipulateurs
- offrir des temps de réflexion supplémentaires
Renforcer la mémoire de travail
Des exercices cognitifs ciblés peuvent aider : jeux de séquences, n-back, puzzle spatial.
Ces entraînements peuvent rendre certains calculs plus automatiques, réduisant la dépendance mentale.
Gérer l’anxiété mathématique
L’accompagnement doit inclure des stratégies pour apaiser l’anxiété :
techniques de respiration, verbalisation des craintes, encouragements progressifs.
Le but est de faire bouger la relation émotionnelle aux chiffres, pas seulement la méthode.
Intégrer la dimension motrice
L’amélioration des fonctions motrices doit continuer : écriture, manipulation, coordination.
Car plus le geste devient fluide, moins il mobilise de ressources cognitives — ce qui libère de l’espace mental pour le raisonnement.
En résumé
Cette étude démontre que la dyspraxie n’est pas seulement motrice : elle affecte aussi la mémoire et la performance mathématique à l’âge adulte.
Comprendre cette dimension cognitive ouvre de nouvelles portes pour l’accompagnement :
réduire la charge mentale, renforcer la mémoire, apaiser l’anxiété et ajuster les méthodes.
Ces avancées ne sont pas des solutions magiques, mais des pistes précieuses pour enrichir les parcours de soutien.